Le Pompon

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Vous vous souvenez, quand on était petit ;
Un pompon à attraper, pour un tour gratuit.
Enfant, cela nous amusait, c’était un défi ;
Adulte, faut s’y accrocher, c’est de la survie.

Aujourd’hui encore, les couleurs n’y sont pas,
Aujourd’hui encore, détruite est mon état.

Un état de questionnement, de tristesse, de colère ;
D’envies de vivre et d’envies de disparaître.
Un état douloureux, profond, invisible, imposé ;
Dans un monde, une société, une vie auquel je me sens opprimé.

J’ai envie de hurler.
J’ai envie de tout casser.
J’en ai marre de me faire niquer.
Je veux juste exploser.

La société et le monde,
Un beau fléau qui aura fait ses marques.
À détruire ciel et mers pour qu’on y fonde :
L’égocentrisme, le déchet de ce bas-monde.

L’économie et la géopolitique,
Une simple histoire de concours de bite.
Un rêve idéal, le partage et l’entraide ;
Les milliardaires pour eux, ce n’est que poussières.

L’espèce humaine et ses déviances,
Le jugement, la méchanceté, les encullés.
Ce serait en dehors de vos capacités,
De mettre votre égocentrisme de côté.

Aujourd’hui, dans ce monde, l’air n’est pas gratuit.
Y respirer te fait confronter à une lutte sans merci.

T’es pas du même genre ?
T’as pas la même teinte de peau ?
T’as des soucis de santé ?
Tu te sens pas dans ton corps ?
Tu as de l’intimité ?
Tu as des préférences ?
Tu as des avis divergents ?
Tu oses respirer le même air que moi ?

Dans le monde imposé,
un seul pas de travers et t’es juste affiché.

Dans ce monde imposé,
Un seul faux mouvement et t’es juste condamné.

Chérir notre vie devient une chasse au trésor.
Mais « la liberté » est considérée comme dernier ressort.

Je souhaite vivre ;
Je ne souhaite pas survivre.

Pour une personne comme moi,
Handicapée,
Dépressive,
Malade,
Transgenre,
Féminine,
Pas dans une norme ;

Je dois faire un choix,
Si je veux arrêter tout ça :
La peste ou le choléra.

J’arrive pas à faire ce choix,
Je souffre juste de faire un choix.

Je me sens juste seule, incomprise, déviante, inapte, incapable…
De m’accaparer de ce pompon, d’avoir de la joie.

Et ça me fait mal.

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